La crise des 4 ans ou le FUCKING FOUR !

Ouah, elle est grossière aujourd’hui ! Ce n’est pas ma faute mais en faisant des petites recherches sur la crise des 4 ans (oui, je suis désespérée), j’ai découvert le fameux terme fucking four. Il porte tellement bien son nom celui-là !

Après la crise des 2 ans (qui a commencé à 1 an et demi et s’est terminée vers 3 ans), on s’était dit qu’on allait être tranquille pour quelques temps ! Les jumeaux n’ont fait aucune crise particulière vers 4/5 ans, d’ailleurs, mêmes mes copines à l’époque hallucinaient, mais je ne comprenais pas bien de quoi elles me parlaient. Bref, cette crise des 4 ans, je connaissais pas du tout.

Elle est arrivée, sans prévenir, après une année en moyenne section relativement calme. Enfin, à bien y réfléchir, j’ai commencé vers le milieu d’année à trouver mon 4 ans assez dur et excité. Pendant des mois, j’ai mis ça sur le compte de la fatigue, la sienne, puis la nôtre. Et puis, c’est monté au mois de Juillet en moins d’une semaine. La fatigue, c’était plus possible ! Même le pédiatre nous a confirmé qu’il allait très bien. Le manque d’attention de notre part non plus, vu que les grands étaient partis en colo.

La découverte et l’arrivée de ce fucking four ont été assez violentes.

Comment vous expliquer : c’est un peu comme la crise des 2 ans mais avec les mots en plus et l’impertinence. Un peu comme une crise de pré-ado, si vous voyez ce que je veux dire. Oui, ça m’en fait 3 à la maison mais heureusement ma fille est cool, et mon 12 ans s’est bien calmé pendant les vacances (c’est un enfant heureux quand il n’a pas école !)

Alors, concrètement, voilà comment elle se manifeste ici :

Ça ressemble à une vraie rébellion, tout est sujet à discussion. L’enfant remet en question chacun de vos mots. Il dit non à tout et essaye de négocier la moindre chose. Il tape ou lève la main sur ses parents. Il fait beaucoup/énormément de caprices (enfant trop gâté, je ne sais pas). Il a maintenant un vocabulaire assez large pour manifester son désaccord avec des mots, souvent durs et virulents. Il peut même être très blessant. Ah ça, c’est sûr, nous sommes les parents les plus méchants du monde ! Il se moque, tient tête et nargue. Il refuse les punitions en nous regardant droit dans les yeux et en souriant. Enfin, il ne les accepte plus comme à 2 ans. La chambre ou le coin, c’était de la rigolage à l’époque. Là, vous me verriez courir derrière lui quand il ne veut pas aller au coin, c’est même risible.

Mais le pire du pire dans ce Fucking Four (en tout cas, chez nous), ce sont les crises de colère. Ça a commencé cet été et je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Cris et hurlements, pour un oui ou un non. Et puis c’est monté en force au fil des semaines et des mois.

A priori, ce genre de crise de colère, il ne les faisait qu’à la maison. Et puis fin août, il n’a pas tenu, et les a faites chez nos amis en vacances. Ça a été vraiment très dur à gérer, et je peux le dire, j’avais carrément honte de mon fils. Fucking four !

Au retour à Paris, ça a continué et il a même fait sa crise dans un centre commercial. Vous savez l’enfant qui hurle, crie, se jette par terre. Tout le monde nous regardait. J’ai même entendu « mais il a pété un plomb cet enfant ». Et moi, je me cachais, laissant son père gérer la situation tellement j’avais honte, et en essayant aussi de cacher mes larmes… Si je veux en rire aujourd’hui, je me dis juste que ça ressemble terriblement à un mauvais épisode de Super Nanny.

Oui, j’ai beaucoup pleuré car toutes « ces grosses crises » depuis quelques mois m’ont complètement vidée. Plus le temps passait, et plus je me sentais incapable de les gérer et de le calmer (sans bien sûr, céder au chantage et aux caprices). Je ne reconnaissais plus mon fils et je me demandais ce que j’avais raté.

J’ai également essayé beaucoup de méthodes différentes : le calme, la discussion, la punition, l’énervement, les cris (pas volontaires, ceux qui sortent tout seuls), le tableau de motivation, et encore la discussion. Il a été très clair ! S’il est comme ça, c’est juste et uniquement à cause de nous, ses parents ; et aussi un peu son frère qui l’embête ! Et puis s’il criait, c’est parce qu’on criait.

Ouah, la claque ! On a eu une grosse période de culpabilité, de doute et de tristesse. Il avait raison. C’est vrai qu’on criait beaucoup. C’était un tourbillon, un cercle vicieux. Au début, on gérait, et puis, avec le temps, l’incompréhension et la fatigue, on s’était aussi mis à crier régulièrement. On s’est repris, on lui a promis de ne plus élever la voix, et on a réussi à redevenir comme avant.

Mais ça n’a rien changé à son comportement et ses crises de colère… Depuis la rentrée, c’est encore pire. A l’école, c’est un enfant extrêmement sage et réservé. Mes amis et ma famille me disent que c’est un vrai amour. Et puis dès la porte de la maison franchie, il se transforme et se lâche complètement. Il va d’abord être de mauvaise humeur pour la moindre chose. En général, ça commence au niveau de la boite aux lettres parce qu’il n’a pas reçu de courrier. Veridique ! Quand il a reçu des cartes postales des grands-parents pendant les vacances, il était fou de joie. Après, on a tous un peu joué le jeu pour lui faire plaisir : une fois sa sœur, son frère, les grands-mères, même spiderman… mais bon, y a des limites 😊

Et puis après, pour les crises, ça arrive pour tout ou n’importe quoi d’un peu contrariant : l’heure de la douche, de se laver les dents, d’aller se coucher, parce que non à la télé, parce que c’est l’heure de l’école, etc.

On n’a pas craqué, on n’a pas crié. On continue à essayer des méthodes à tâtons. On en parle beaucoup aussi. Il parle lui-même de « ses crises » avec un peu de recul. Parfois, il me demande  si je suis sûre fière de lui parce qu’il n’a pas fait de crises aujourd’hui. Une autre fois, alors que j’avais dit oui à la télé, il m’a dit « Maman, t’es trop gentille. Tu m’as dit oui parce que tu avais peur que je fasse une crise ? » Au secours ! « Non, mon fils. Dis-toi bien que jamais ça ne marchera au chantage comme ça ! J’ai dit oui à la télé car c’est mercredi et que je t’avais promis. »

Et il a continué à nous dire que c’était à cause de nous. Que c’est dur de culpabiliser et se remettre en question en permanence.
J’ai enfin compris il y a 2 jours, à forcer d’en discuter avec lui, qu’il ne disait pas ça parce qu’on criait (ce qui n’est plus le cas d’ailleurs) mais parce qu’on l’embêtait tout le temps à lui demander des choses, soit de s’habiller, de se laver les dents, d’aller à l’école, de se coucher, etc. Alors, on a encore parlé beaucoup sur le fait que les parents pouvaient vraiment être embêtants, mais c’est parce qu’on l’aimait, etc. « Tu sais, la maitresse aussi te demande des choses que tu n’as pas envie de faire, comme par exemple, rentrer en classe alors que tu aimerais rester en récréation, non ? » « Oui, mais ce n’est pas pareil. Et puis, à l’école, je ne fais pas de crises sinon je vais être puni. »

Moi je vous dis, si cet enfant était un peu moins sage à l’école ou en société, il serait plus calme à la maison. Il a dû lire dans mes pensées (ou plutôt m’entendre en discuter) puisque ce matin, il m’a demandé en suppliant « Maman, je suis vraiment obligé de faire des bêtises à l’école aujourd’hui ? »

On essaye d’en rire mais c’est vraiment dur. Heureusement que l’on est deux pour prendre le relais quand l’un des parents est au bout du rouleau. On s’est même rendu compte (à temps!)  qu’on a failli leur faire le remake de Papa est parti, maman aussi.

Oui, à ce point là…surtout que ça créé des tensions pour toute la famille, entre les parents, et même pour les grands, qui n’en peuvent plus. Je voir leurs relations avec leur petit frère se détériorer chaque jour un peu plus et ça fait vraiment de la peine.

Alors, je viens raconter tout ça ici, pour me défouler égoistement et parce que ça fait vraiment du bien.

Et puis aussi, pour savoir si vous connaissiez le fucking four ou ce genre de crises, et si vous avez des conseils…

Allez, ça ira mieux demain 😊

Ps : j’ai l’oreille bouchée depuis 1 mois et demi et aucun orl ne voit ce que ça peut être. Ça me rend dingue ! Et là, en écrivant cet article, je me dis que peut-être…Bref, tout est lié, non ?

fucking four