Ne JAMAIS dire JAMAIS

jamais

Après le premier enfant, qui n’a pas eu cette question : et le 2ème, c’est pour quand ?
Encore et toujours la même question. Et ça ne s’arrête pas, dès le 2ème, on nous parle déjà du 3ème, c’est épuisant.

Oui, épuisant. Et des jumeaux, j’en parle même pas. Leur première année, honnêtement, je pense que j’ai vieilli de 10 ans, tellement j’étais fatiguée, épuisée, voire déprimée.
Les gens autour de nous avaient du mal à réaliser à quel point c’était dur de s’occuper de 2 bébés, car la fameuse question est arrivée dès leur premier anniversaire : « Bon, alors, le 3ème, c’est pour quand ? Oula, non, non, pas de 3ème ! JAMMMMAIS ! »

A leurs 2 ans : « et le 3ème alors, tu le fais quand ? Heu, JAMAIS ! »
Et ça continue. A leurs 3 ans : « bon, ça y est là, ils ont grandi, t’attaques le 3ème ?!
JAMAIS ! On est trop fatigué ! Ils vont enfin aller en maternelle, et moi, je vais me poser 5 minutes, et travailler un peu plus. »

Mais les gens sont persévérants ! Pour certains, une famille, c’est 3 enfants, un point, c’est tout. Pas du tout d’accord : 2 enfants, c’est parfait, surtout un garçon et une fille. Que demander de plus ? On a enfin trouvé notre équilibre.

A leurs 4 ans, ça continue, encore et toujours : « bon, ce petit 3ème ?  » Ils insistent, enfin surtout la belle famille, hein J Parce que, du côté de ma famille à moi, on est tous d’accord, pas de pression, c’est le contraire : 2, c’est parfait. Façon, comment tu ferais avec un 3ème, c’est déjà ingérable entre les jumeaux et ton boulot.
« T’inquiètes pas maman, le 3ème, JAMAIS, c’est pas pour moi, je suis très contente comme ça, la question est réglée. »

Et les jumeaux ont 5 ans : à nous la liberté ! Ils sont de plus en plus indépendants, et les vacances deviennent enfin du repos, du vrai. C’est la belle vie, on peut même sortir avec eux le soir sans trop de problème. « Ah, donc, le 3ème, tu comptes pas le faire, c’est sûr ? »
Et là, je réponds : « ah non, c’est pas du tout d’actualité ; on est très bien comme ça. Mais comme on dit, ne jamais dire jamais. »
Là, Super Papa, me regarde bizarrement. D’ailleurs, moi aussi. Pourquoi, j’ai dit ça ?
Surprenant, étonnant, mais non, on est d’accord, pas de 3ème.

On en parle plus de cette réponse surprenante…
Et little boy et little girl viennent d’avoir 6 ans, ouahh 6 ans, déjà. D’ailleurs, il faut vraiment que j’arrête de les appeler « little ». Et puis, la psy a été claire : « lâchez-les vos enfants, ça y est, ils ont besoin d’air. »
Ok, ok, je vais essayer. L’été de leurs 6 ans se passe à merveille. Encore plus facile que l’année d’avant. C’est trop bon de regarder nos amis avec leur petit 2ème ou 3ème dans les bras. Ils crient, s’énervent, s’agacent. Ca nous amuse, parce que cette année-là, qu’est-ce qu’elle est facile à gérer notre petite tribu !! On l’a bien mérité. Ils sont grands, et nous, on en profite.

Et la rentrée arrive… mais pas n’importe quelle rentrée, celle du CP, celle qui veut dire : ça y est, c’est vraiment des grands. Celle où pour la première fois, je les ai vus avec un cartable sur le dos !
Qu’est-ce qu’ils étaient mignons.

Mais en même temps, quelle angoisse ce cartable sur le dos !
Qu’est-ce qui m’arrive ? J’arrive plus à respirer, j’étouffe ! Non, c’est eux que j’étouffe ! Ils sont grands, ils sont au CP. 6 ans…! Au secours, que le temps passe vite!
Je ne sais pas ce qui m’est arrivé, mais cette rentrée là, j’ai eu une boule au ventre terrible, j’avoue, j’en ai même pleuré. Je sais, je sais, je ne suis pas nette avec mes enfants !

Deux mois ont passé depuis la rentrée, et j’ai réussi à me reprendre. Ils ont grandi et c’est très bien. Autour de moi : « Alors, comment ça se passe le CP ? Et le 3ème, je suppose que c’est toujours non ? »
« Heu, non, effectivement, c’est pas prévu, mais, je ne sais pas, j’y pense un peu. Et puis, comme on dit : faut jamais dire jamais ! »

J’y pense un peu, j’y pense un peu… j’y pense beaucoup, vraiment beaucoup.
Bizarre, là, j’y pense tout le temps. Un 3ème ? Non, c’est pas possible. Pas nous ? Pas moi ? J’ai toujours dit non pour le 3ème, et puis, soyons honnêtes, le temps passe, les jumeaux ont déjà 6 ans et demi, ça va faire beaucoup trop de différence, ca va être trop difficile à gérer tout ça. Et puis, je suis plus toute jeune, la quarantaine me guette. Non, c’est sûr, j’ai plus la force de retourner là-dedans, les nuits blanches, les couches, les biberons, c’est plus possible. Je me sens trop veille.

C’est décidé, c’est non. Et maintenant qu’ils sont grands, on va se le faire, notre road trip ! A nous la liberté…
Mais j’y pense quand même.

Eté 2013, les jumeaux ont soufflé leur 7ème bougie. Comme chaque année au petit déjeuner (c’est notre petite tradition), on se retrouve juste tous les 4, on aime ça. Juste eux, juste nous. Nous 4 contre le monde entier. Le gâteau au chocolat pour little girl et celui à la poire pour little boy.

Ils ont 7 ans, ils ont grandi pour de bon. Joyeux Anniversaire mes amours. Ils ont l’air si heureux d’avoir 7 ans, l’âge de raison. Ils me regardent avec tellement d’amour en soufflant leurs bougies, ça fait chaud au cœur. Tellement d’amour. Ils sont si fiers et si heureux. Tellement d’amour, et en même temps, ils ont l’air d’avoir si peur en me regardant. Si peur du gros ventre de leur maman qui s’arrondit au fil des mois. Si peur de grandir. Si peur du changement.

Dernier anniversaire juste tous les 4.

Oui, la rentrée au CE1, beaucoup de choses ont changé !

Bienvenue Little baby boy, petite bouille si mignonne.
Oh oui, c’est dur, fatiguant, épuisant…mais qu’est-ce que c’est bon un petit 3ème.

Ps : même pas la peine de me poser la question. Un 4ème ? JAMAIS !

8 réflexions sur “Ne JAMAIS dire JAMAIS

  1. Virginie dit :

    Mon rêve, un nouveau bébé après « un gars / une fille » mais là si papa fait les gros yeux c’est car il a fait un nœud.
    Non non il n’en veut pas et moi je rêve en lisant des articles comme ça <3

  2. eloise dit :

    j’aime bcp comment tu as tournée ton article, trop chouette
    un petit 3eme c’est super la boucle est bouclé. j’adore. Bises

    Moi aussi j’en ai 3 et JAMAIS pour le 4eme

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